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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 10:57

Je vous livre ci-dessous le travail réalisé en Atelier d'écriture par e-mail avec ALEPH Ecriture (module 3 sur 6 modules pour un cursus complet)   http://www.aleph-ecriture.fr/+-e-mail-+ . Merci ALEPH.

Travail en atelier d'écriture : une Vie inventée

Elise Raimbault

Elise brode. L’aiguille ajoure le lin blanc de fines corolles rouges. Elle agrémente le col d’un de ses corsages. Assise, côté fenêtre de l’appartement rue Muller à Montmartre, la main agile court sur le tissu. Elle aime être là réchauffée par les rayons du soleil du milieu de journée. L’après-midi, l’homme va venir la visiter. Elle l’attend avec l’impatience du désir et du besoin d’être aimée. Elle saura lui donner le plaisir qu’il recherche. Détacher ses longs cheveux bruns bouclés, l’encercler de ses bras pâles et fins, lui présenter sa bouche rouge brillante, faire étinceler ses grands yeux noirs. Le laisser la trousser, perdre ses mains dans ses jupons blancs. Après, il lui laissera un petit pécule sur la coiffeuse. Prendra son chapeau haut de forme. Elle entendra ses pas résonner dans l’escalier tournant de bois. S’éteindre. Au dehors, les sabots des cheveux martèleront les pavés sous le coup du cocher. Un silence se fera. Elle attendra le lendemain. Broder. Donner à l’homme. Recevoir. Un rituel. Devenu immuable. En fin de mois, Elise pose trois, quatre mots sur une carte postale, ajoute une somme d’argent, envoie à sa mère. Pour elle. Pour ses trois sœurs. Pour qu’elle ne manque de rien. L’adresse : 15 rue de l’enfer à Vernon - Eure.

Elise est née un 10 juillet 1873. Elle est la grande sœur. Celle qui seconde la mère. Donne le bain aux petites. Les installe une à une dans la baignoire de fer peinte de blanc, verse l’eau chaude à point, les frotte du gant savonné, insiste sous les aisselles, effleure l’entrejambe, les sèche, les aide à enfiler la chemise de nuit blanche immaculée. Elle lave leurs habits. Les raccommode jusqu’à l’usure. Elle rêve devant les robes des revues de la mode de Paris. Elle s’en inspire. Coud, brode, agrémente ses toilettes d’une dentelle, de fausses perles, d’une babiole. Elle fait effet. Est remarquée. Appelée à Paris pour faire la bonne. Boulevard de la Madeleine. Elle lave les parquets de l’appartement. Prépare les repas. Lave, repasse, reprise le linge. Les habits de Monsieur et Madame. Les draps. Les serviettes. Les nappes. Elle s’échappe. Part flâner Boulevard Haussmann et ailleurs. S’émerveille devant les devantures, les soieries des robes exposées. S’emplit des fragrances des parfums, se délectent des myriades de couleurs des étales, des chapeaux, des corsets, des produits de maquillage. Elle s’enivre Place de Clichy, Boulevard de Rochechouart. Croisent des gens du monde. Rencontre l’homme. Et le peintre Van Dongen.

Au printemps 1907, elle s’assied face à lui dans son atelier rue Saulnier. Elle est parée d’un large chapeau marron orné de roses rouges et roses. Elle lisse son corsage blanc d’une main délicate. Regarde le geste du peintre, pinceau à la main, ajuster ses couleurs. Elle prend la pose. Immobile. Triste et désirante. Elle cherche dans les yeux du peintre son reflet. Elle s’approche du tableau. Les couleurs vives du chapeau, de ses lèvres contrastent avec la pâleur de son teint et la noirceur des yeux et des cheveux. Une rougeur lui monte au visage. Honte et fierté mêlées.

Février 1915. Elise est au lit. Le soleil vient frapper le miroir de la coiffeuse. Elle n’attend plus l’homme. Elle sait. Il est ailleurs. Elle serre son châle autour de ses frêles épaules. Grelotte. Se lever ? Elle s’appuie sur le bord du lit d’une main, de l’autre saisit le dosseret de la chaise. S’y agrippe. Et se laisse choir face à la glace. Son visage est ravagé de pustules. Les cacher. Elle étale au pinceau le fond de teint. Veut ajouter une couche. S’effondre. Bascule au sol. Un voile noir s’abat sur elle. Des filles joyeuses de blanc vêtu courent. Et s’évanouissent dans la nuit infinie.

Published by MLB - dans ECRITURE
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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 10:26

                                              Trois ans que je n’ai pas écrit –publié- sur ce blog.

                                               Me voilà de retour.

                                               Ni tout à fait la même.

                                               Ni tout à fait une autre.

                                               (Merci Verlaine)

                                               Je vous apporte une nouvelle.

     Ecrite pour un concours : http://www.aufeminin.com/evenement/ecrire-aufeminin/                                              Mais demeurée à l’ombre. Dans un tiroir.

                                               Il lui fallait un peu de lumière. Une exposition.

                                               Elle est un des fruits de mon travail d’écriture

                                               Lentement peaufiné avec les ateliers d’écriture

                                               D’Aleph écriture : http://www.aleph-ecriture.fr/-Accueil-

                                               (Merci à eux).

Thème : Je ne suis pas venu(e) parce que …

MINE DE RIEN

Clara arrive à l’institut capillaire. Une sirène résonne au loin dans la ville. Son portable indique 12 h mercredi 1er juillet 2015. Elle le range dans son large sac en cuir grenat, accordé à sa jupe droite, réajuste son chemisier blanc, replace la bride de ses hautes sandales noires  et pénètre dans la boutique. Au tintement de la porte, une hôtesse au large sourire s’approche d’elle, l’accompagne jusqu’à une alcôve aménagée : grand miroir, large fauteuil, tablette, tiroirs, étagères de verre avec matériel de coiffure et produits de mise en beauté savamment agencés. Clara se laisse glisser sur le siège moelleux, esquisse une mimique à son reflet sous le regard jovial de son hôtesse.

Marie soulève le lourd rideau de la fenêtre de son salon. Elle scrute la rue. Des silhouettes se détachent dans la clarté de midi rue de Roseuil. Aucune n’a la chevelure longue bouclée rousse-orangé flamboyante de sa fille. Clara aurait oublié ? Impossible ! Deux ans que ça dure, sans faille, chaque premier mercredi du mois. Lassée, Marie se détourne du spectacle de la rue. Sur la table, deux couverts ont été mis. Au centre, le soufflé fait grise mine. 

Clara observe, face à la glace, les ciseaux muent par l’hôtesse. Ils cliquètent autour de sa tête telle une nuée d’oiseaux. Les longues boucles rousses se détachent et viennent  joncher le sol. Une partie d’elle, infime et précieuse, se meurt à ses pieds. Elle ferme les yeux un instant. Elle a longtemps hésité avant de venir à l’institut. Mais les cheveux qu’elle retrouvait en tas sur l’oreiller après les nuits de sommeil plombées et les trouées qui se créaient alors dans sa chevelure ont eu raison de ses réticences. À présent, les doigts experts de la coiffeuse arrimés à la tondeuse laissent choir ses cheveux par paquets. Elle regarde, comme hypnotisée, le mouvement se faire et se refaire. L’ovale de son crane apparait peu à peu, glabre, nu, indécent.  

Marie navigue entre la fenêtre et la table du salon, s’assoit un instant, repart guetter les ombres dans la rue. Personne. Des idées lui traversent l’esprit, s’entrechoquent : peut-être lui est-il arrivé quelque chose de grave ? …mais Clara a 35 ans, elle est bien libre de faire ce qu’elle veut... Elle saisit son téléphone, appelle Clara, tombe sur sa messagerie  « …je ne suis pas disponible… ». Elle  raccroche. Sans voix. Se triture les mains machinalement.

Clara écoute distraitement la voix doucereuse de l’hôtesse : « Voyez cette perruque, touchez comme le cheveu est soyeux, le tissage est très agréable sur le cuir chevelu. Elle est dans vos tons roux orangé et avec une bonne longueur … comme vous aviez… mais cela n’aura de toute façon pas le  gonflant naturel… Vous avez aussi celle-ci d’un roux plus soutenu presque rouge avec de jolis reflets, courte, légèrement bouclée, regardez la souplesse du cheveu … ». Clara s’escrime à fixer son attention sur les perruques présentées. Des artifices pour cheveux. Du factice pour chevelure ! Et se promener tête nue ? Une nouvelle vibration de son portable posé devant elle sur la tablette interrompt ses pensées. « MAMAN » s’affiche.

 « Excusez-moi » dit-elle à l’hôtesse. « Je reviens ». Celle-ci la regarde interloquée se diriger vers la porte de la boutique et en sortir allégrement.

- Allo, Maman ? dit-elle d’une voix forte sous l’œil suspicieux d’un passant.

- Clara ? Enfin !  Je m’inquiétais.

- Oui, Maman. Mais je ne suis plus une petite fille !

- D’accord, mais tu aurais pu me prévenir !

- Maman, les choses ne sont pas aussi simples que ça. Je suis malade. J’ai un traitement lourd. Je perds mes cheveux !

- Oh ! murmure Marie en s’effondrant sur son siège.

- Je suis au salon de coiffure. Il fallait que je le fasse. Clara passe une main sur son crane lisse, imberbe. Maman, je ne suis pas venue parce que … parce que … touttout a une fin !

-  Bien sûr. Bien sûr. Mais tout de même ! balbutie Marie.

-  Maman, je dois y aller là.

-  Oui, Clara mais … ne m’oublie pas.

- Mais non, maman, tu vois bien que je t’appelle là !  hurle Clara avant de raccrocher sous le regard médusé d’une passante.

Clara pose une main ferme sur la poignée de la porte du salon et rejoint l’hôtesse. Elle lui désigne la perruque rousse courte : « Je prends celle-ci ». Clara referme la porte du salon capillaire, les chauds rayons du soleil la revigorent. Elle cligne un instant des yeux. Choisit sa direction. Et d’un pas alerte, tête haute, irradiée d’un halo rouge incandescent, traverse la place.

 

NOUVELLE(S)

Lire, écrire : un même élan de passeur, de présence au monde.

Merci aux écrivains, aux écrivaines qui ont peuplé, peuplent toujours mes jours et mes nuits.

Un merci particulier à Marie-Hélène Lafon http://www.m-e-l.fr/,ec,600  chère à mon cœur –et corps- de lectrice et d’apprentie écrivant. Je vous livre un extrait de son dernier ouvrage Chantiers Editions des Busclats p.15 « On y est ; à l’établi ; in situ ; et c’est une place dans le monde, un creux pour le vertige et la jubilation, ensemble, les deux, à fond à fond à fond. Le texte se fait en se faisant, le verbe se fait chair et la chair des choses s’incarne par le verbe, c’est circulaire, ça fait corps, corpus ; »  

Une nourriture essentielle !

Au plaisir d’échanges, de mots, d’idées !

MLB              

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 16:05

IMGP0692.JPG

 

  En mai, juin 2012, j'avais eu envie d'écrire, de réfléchir à la séquence politique et sociétale que nous venons de vivre : les élections présidentielles vue d'une citoyenne engagée. J'avais souhaité vous exposer mon point de vue, vis à vis de l'abstention, de la résignation, de la protestation d'une partie de l'électorat, de l'avénement du bipartisme, du rôle des médias, du passage -étroit, impossible ?- de l'indignation à la résistance...

 Tout ceci a été dit, par ailleurs. Qu'est ce que je pourrais ajouter de neuf ? Rien de fondamental, en l'état.

 

Et puis, voici venu le temps des vacances.

 

Cela va me permettre de trouver le temps et l'espace (cf la photo ci-jointe d'un coin du Sud de l'Auvergne cher à mon coeur) de me poser, de faire un "retour sur soi", de laisser décanter ce qui est important pour moi, ici et maintenant et ce que je peux laisser de côté.

 

J'invite chacun, chacune en visite sur cet article de mon blog à en faire de même. Bonnes vacances* à toutes et à tous. 

 

*  Du latin, vacare (« être sans »).

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 13:36

Papa-labeur-milieu.jpg

     Chaque jour, nous travaillons.

 

  Le corps se met à l'oeuvre 
  Pour remplir la tâche 
  qui lui est imparti.  
  Du froid, du vent, de l'environnement, 
  du contexte social : des conditions de travail, 
  nous souffrons  
  mais  
  nous endurons, 
  nous nous adaptons. 
   Papa labeur bas 
   
  Par dessus-tout,  
  Nous aimons 
  Le travail bien fait, 
  L'oeuvre achevée. 
 
  De là viendra, le plaisir : 
  Et le labeur sera  
  récompensé. 
   

   Alors, pourquoi nous sentons nous

Découragés, Las, Fatigués ?

 

  Papa labeur haut                 

              Avec l'impression

                     Que

              Toute cette énergie,

              Ces actes posés,

              Ce travail réalisé est ignoré,  

              Rendu invisible, Inexistant.

  

      Alors que nous avons mis,  

 

         Tout notre CORPS,

           Tout notre CŒUR à l'ouvrage !

 

 

    

                             Un jour viendra,

  Où il faudra bien,  
  Reconnaitre  
  Que le monde  
  N'est rien, 
  Sans le travail, l'activité, 
  Des humains.  
  Que ce travail, 
  N'a pas de prix, 
  Qu'il est inestimable, 
 Inaltérablement, Lié au principe de la vie sur TERRE. 

 

 

Post-Scriptum

            Remerciement

 Coup de Cœur

 Mise en Exergue  :

 

Ce « prosaïque » écrit doit beaucoup à la pensée, au livre d’Hannah Arendt :

Condition de l’homme moderne  (Human Condition –1958 ; traduit en français en1961 – Ed. Calmann-Lévy)

Extrait de son ouvrage, chapitre premier La vita activa et la condition humaine :

« Je propose le terme de vita activa pour désigner trois activités humaines fondamentales : le travail, l’œuvre et l’action. Elles sont fondamentales parce que chacune d’elles correspond aux conditions de base dans lesquelles la vie sur terre est donnée à l’homme.

Le travail est l’activité qui correspond au processus biologique du corps humain […]. La condition humaine du travail est la vie elle-même.

L’œuvre est l’activité qui correspond à la non-naturalité de l’existence humaine […]. L’œuvre fournit un monde « artificiel » d’objets, nettement différent de tout milieu naturel […]. La condition humaine de l’œuvre est l’appartenance-au-monde.

L’action, la seule activité qui mette directement en rapport les hommes, sans l’intermédiaire des objets ni de la matière, correspond à la condition humaine de la pluralité, au fait que ce sont des hommes et non pas l’homme, qui vivent sur terre et habitent le monde. Si tous les aspects de la condition humaine ont de quelque façon rapport à la politique, cette pluralité est spécifiquement la condition – non seulement la condition sine qua non, mais encore la condition per quam – de toute vie politique. »  

 La reproduction de cet extrait est une invitation  à lire l’ensemble de l’ouvrage d’où se dégage une pensée éclairante, lumineuse de notre condition humaine, toujours d’une actualité vibrante, pour nous, humains, soumis à cette condition intrinsèque tout au long de notre vie !

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 15:56

 

   IMGP1863

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Croyants ou non croyants, TOUS, la période de Noël venue, nous fêtons la venue de Jésus - dans une crèche à Bethléem- d'une manière ou d'une autre. Nous nous retrouvons en FAMILLE, à l'image -consciente ou inconsciente - de la sainte famille.

Nous PARTAGEONS de copieux REPAS avec nos proches et/ou des membres de notre famille -que parfois nous ne voyons que pour cette occasion-, nous échangeons -DONNONS et RECEVONS- des CADEAUX.

 

 

 

Parfois –ou peut-être souvent- ce temps de retour, rituel, annuel, auprès de la famille ne va pas sans heurts ou du moins sans inquiétude. Pourquoi ?

A mon sens, revoir la famille, nous renvoie, peu ou prou, aux temps de l’enfance avec ses joies et ses peines, à  nos parcours de vie depuis cet espace, ce temps où enfant nous vivions  dans le lieu clos de la famille : père, mère, frère(s) , sœur(s), oncle(s), tante(s), grand-père(s), grand-mère(s)..

 Nous retrouver, c’est nous regarder aujourd’hui, les uns, les autres, membres d’une même famille, nous apprécier ou nous déprécier …

C’est aussi faire un retour sur notre passé individuel et commun, ce qui n’est pas exempt de frustrations, de « règlements de compte » au sens mis au jour par le psychothérapeute d’origine hongroise Ivan Boszormenyi-Nagy (1920-2007) –fondateur de la thérapie contextuelle. Selon cet auteur « les familles détiennent un livre de compte où sont consignés les gains et les dettes (c’est-à-dire les fautes ou transgressions commises, ou bien encore, les mérites). Tout se passe comme s’il existait une loi implicite imposant le remboursement ou la réparation de chaque dette.[1] »

Bon, tout ça, n’est pas très réjouissant et pour des vœux de nouvelle année pas très adapté, vous dites-vous !     

  Sapin

         

OUI, mais NON ! Car, justement, je pense que c’est en ayant le courage, la clairvoyance de poser un regard avisé sur notre  passé, nos liens familiaux, intergénérationnels,  que nous pouvons construire le présent, nous libérer de ce qui nous entrave et nous projeter vers un avenir plus serein !   

POUR CETTE NOUVELLE ANNÉE, JE NOUS SOUHAITE de parvenir à « équilibrer » nos comptes et relations avec nos familles et ALLER de L’AVANT, ALLÉGÉ, SEREIN, ouvert à la SÉRENDIPITÉ[2]

Qu’est ce que la sérendipité ?

« Ce terme désigne l’art de se mettre en condition de faire des découvertes et des rencontres imprévisibles dont on saura tirer le fruit. Ce mot tient son origine d’un conte venu d’Orient qui raconte l’histoire de 3 princes désireux de voir le pays de Sérendip. Ils font au cours de leur périple des découvertes qu’ils ne soupçonnaient pas, par « hasard » et « sagacité » et deviennent riches et adulés. C’est sur cette base que l’écrivain anglais Horace Walpope (1717-1797) a créé le néologisme de sérendipity, devenu sérendipité en français. Ce concept va connaitre un nouvel essor au XXème siècle sous l’impulsion du sociologue des sciences, Robert K.Merton : selon ce dernier, c’est souvent lorsqu’ils détectent une anomalie dans une expérience donnée que les scientifiques sont amenés à faire leurs découvertes majeures, à concevoir des théories nouvelles qui n’appartenaient pas au projet de départ.[3] »  

Cette créativité, cette ouverture au hasard heureux, à la sérendipité n’est pas l’apanage des scientifiques, elle est à la portée de chacun d’entre noux, sur le chemin de la vie, comme en témoigne la Psychothérapeute, groupe-analyste et psychodramatiste, Anne Ancelin professeur émérite de l'Université de Nice où elle a dirigé pendant une vingtaine d’année le laboratoire de psychologie sociale et clinique, fondatrice du concept de psychogénéalogie[4].

http://www.psychogenealogie.name/fr/serendipity.htm

 Témoignage que j’avais envie de PARTAGER avec vous, en ce début de nouvelle année :

 

anne argenti 

« Les portes s’ouvrent lorsqu’on arrive dessus ! »  Anne Ancelin Schützenberger

« Dans ma famille, les études à l’étranger, le hasard, la chance d’un hasard heureux, les événements insolites, les voyages, les guerres, les aléas de la politique, de l’économie mondiale ou de l’humanitaire,  les nouveaux horizons,  les rencontres, les fées, les djinns, les lutins ont toujours joués un très grand rôle, un rôle fondateur…

Ma vie a toujours été marquée par ce qu’on appelle le hasard heureux, (sérendipité). Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir choisit ma vie, mais que ma vie m’a choisie. J’ai l’impression que tout ce qui m’est arrivé d’important, je n’ai eu qu’à accepter ce qui m’arrivait ou à le laisser passer.

Comme je crois au Père Noël, et je continue à y croire, et aussi à “ mon bon ange gardien ” (le Daimon de Socrate) - c’était souvent beaucoup plus tentant d’accepter que de refuser ce que la vie me proposait.

 Depuis toujours, je sais donc pertinemment et de façon certaine que les biens matériels sont faits pour circuler, et l’identité pour disparaître…

Je sais qu’on peut perdre et retrouver son identité, (je sais aussi que ce qu’on perd, on le retrouve. ( même si souvent, c’est bien plus tard et si ça se passe  autrement). J’ai appris ça très jeune.

J’ai appris que les maisons peuvent brûler, être cambriolées, que les biens matériels sont faits pour circuler et que l’argent va et vient et n’a aucune importance. Ça fait partie de façon très intégrante de mon héritage.

 On a “ tout dans la tête et rien dans les poches ”, et l’on survit et se débrouille autrement.

J’ai aussi fait de la voile et je sais qu’on ne s’embarque pas sans biscuits.

J’ai ainsi su très tôt et très vite que ce qui est normal ne se passe jamais, ou rarement... Ce qui est normal et prévu, c’est normal que ça ne se passe pas, parce que les événements extérieurs l’ont empêché, mais ça ne fait rien, ça se passera plus tard et autrement.

Si aujourd’hui, par cette attitude positive et par une libération symbolique[i]  , il arrive que des malades atteints de cancer en phase terminale recouvre vie et santé ou de malade atteint du froid mortel de la maladie de Raynaud retrouvent peau rosée et chaleur, et qu’un malvoyant fatigué, replié sur lui-même, retrouve le monde des couleurs[ii]  , j’en ai peut-être appris là, l’attitude face à la maladie et aux limites.

Un  rationalisme étroit, ne doit pas nous inhiber, ni nous faire accepter comme inéluctable un devenir malheureux, et nous entraîner dans cercle vicieux et destructeur.[iii]  

Tous les liens entre les êtres et les événements ne sont pas encore découverts, et l’improbable heureux peut se produire, pour peu qu’on le fasse advenir par son attitude ouverte à la vie, car la souffrance, la mort même ne sont que des situation transitoires dans lesquelles rien ne nous oblige à demeurer.  

 Il est nécessaire, vital, de se ressourcer, de lâcher prise, de pardonner, d’accepter la perte. Pour cela, il existe certaines techniques. Toutes passent par un même chemin : se faire plaisir, bien s’entourer, reconstituer un stock de « vitamines » émotionnelles[iv]  … »

[i]   Cf : Le Psychodrame - Vouloir guérir - Sortir du deuil – Parcours de femmes L’Harmattan.

 [ii]   Mathieu 5 : 13-16 « Vous êtes la lumière du monde. Une veilleuse au sommet d'une montagne ne peut être cachée. Et l'on n'allume pas une lampe pur la mettre sous le boisseau, mais bien  sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.. Ainsi votre lumière doit-elle briller aux yeux des hommes… »

Voir aussi la  résurrection de Lazare Jean 11 : 1-45 ; et contes de Perrault : La Belle au Bois Dormant : la bonne fée enlève la mauvais sort de la prédiction mortelle de la mauvaise fée et redonne vie et espoir…

Exemples : Le Psychodrame, Paris, Payot, PBP, 2003.

[iii]   La Dixième Prophétie, de James Redfield. Site internet de Rupert Sheldrake http://www.sheldrake.org/

 [iv]   La Première Gorgée de Bière et autres plaisirs minuscules, de Philippe Delerm  

Paris, Payot, avril 2009.

 Savoir saisir, pour soi-même ou pour autrui, ce qui survient comme par la chance d'un hasard heureux, c'est faire l'expérience de la "sérendipité". Entre espérance et action, cette ouverture d'esprit, qui s'apprend et s'entretient, peut renverser les situations et vous sauver la vie.
À 90 ans, Anne Ancelin Schützenberger revient sur un incroyable parcours marqué par la sérendipité et le plaisir de vivre. Elle aborde de nouveau les transmissions invisibles.

 Elle montre tout ce que l'analyse transgénérationnelle peut apporter aux malades, en particulier à ceux qui souffrent d'un cancer. Et elle explique pourquoi la guérison passe si souvent par les petits plaisirs que l'on doit ne jamais oublier de s'offrir.

http://www.anneschutzenberger.com/index.php?option=com_content&view=article&id=55:le-plaisir-de-vivre&catid=36:livresdeanne&Itemid=99  

  plaisir de vivre

       

  KDO      

MEILLEURS VŒUX A TOUTES ET TOUS

BONHEUR ET SANTÉ

OUVERTS

AUX HASARDS et BIENFAITS

SUR LE CHEMIN de la SÉRENDIPITÉ

 

 

  


    

 

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 17:56

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L'année 2011 -tout du moins, ses quelques 6 premiers mois- aura été riche en événements et en tsunami.

C'est d'un tsunami des consciences -françaises mais aussi occidentales voire mondiales- dont je souhaite parler dans cet article.

Soit la médiatisation d'une présomption d'agression sexuelle  imputée à une personnalité influente du macrocosme économique et financier

et la violence qu'elle a induit dans sa réalité, dans la symbolique et l'inconscient collectif provoquant un déferlement de propos, de point de vue de tout un chacun. 

 

Révélant ce que cet événement avait de traumatisant, de choquant voire de quasi-irréel. Du moins quelque chose qu'on ne voulait pas voir, quelque chose de dénié, d'enfoui au plus profond de notre inconscient culturel et qui nous explosait làen pleine  figure

 

Plusieurs sons de cloche -assez fort pour faire mal aux oreilles et donner envie de se les boucher ou donner envie d'agir pour faire entendre un autre son de cloche-, plusieurs manières de faire avec sont apparues allant du déni à l'obligation d’ouvrir les yeux, de voir et d'entendre ce qui était dit en sourdine, à mots couverts ou au contraire sans vergogne.

 

Après une semaine de ce tohubohu, des femmes ont publié une tribune dans le quotidien Le Monde daté du 25 mai 2011 : «  Depuis le début de l'affaire DSK, "nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques", dénoncent les signataires d'une pétition initiée par les associations Osez le féminisme, La Barbe et Paroles de femmes. »

Ci-dessous, le texte intégral de leur article, appel à pétition et manifestation : 

      

Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent

Depuis une semaine, nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques, largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à un florilège de remarques sexistes, du « il n’y a pas mort d’homme » au « troussage de domestique » en passant par « c’est un tort d’aimer les femmes ? » ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent.

 

Nous sommes en colère, révoltées et révoltés, indignées et indignés.

 

Nous ne savons pas ce qui s’est passé à New York samedi dernier mais nous savons ce qui se passe en France depuis une semaine. Nous assistons à une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires, si prompts à surgir chez une partie des élites françaises.

 

Ces propos illustrent l’impunité qui règne dans notre pays quant à l’expression publique d’un sexisme décomplexé. Autant de tolérance ne serait acceptée dans nul autre cas de discrimination.

 

Ces propos tendent à minimiser la gravité du viol, tendent à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage. Ils envoient un message simple aux victimes présentes et futures : « ne portez pas plainte ». Nous le rappelons : le viol et la tentative de viol sont des crimes.

 

Ces propos prouvent à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue. De la part d’élites qui prétendent diriger notre société, c’est particulièrement inquiétant. 75 000 femmes sont violées chaque année dans notre pays, de toutes catégories sociales, de tous âges. Leur seul point commun est d’être des femmes. Le seul point commun des agresseurs, c’est d’être des hommes.

 

Enfin, ces propos font apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes. Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d’une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes. Faire ce parallèle est dangereux et malhonnête : ils ouvrent la voie aux partisans d’un retour à l’ordre moral qui freine l’émancipation des femmes et des hommes.

 

Les personnalités publiques qui véhiculent des stéréotypes qu’on croyait d’un autre siècle insultent toutes les femmes ainsi que toutes celles et ceux qui tiennent à la dignité humaine et luttent au quotidien pour faire avancer l’égalité femmes – hommes.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/21/sexisme-ils-se-lachent-les-femmes-trinquent_1525179_3232.html

 

Cet appel contre le sexisme est initié par les associations Osez le féminisme, La Barbe et Paroles de femmes. Il regroupe une dizaine d'associations et plus de 1 000 signataires dont : Audrey Pulvar, Clémentine Autain, Florence Montreynaud, Annick Coupé, Annie Ernaux, Agnès Bihl, Marie-Françoise Colombani, Florence Foresti, Patric Jean (réalisateur), Julien Bayou (membre du collectif Jeudi Noir) ou encore Geneviève Fraisse.

 

Texte wordART 1

 

Pourquoi en SOMMES-NOUS-LA ?

Françoise Héritier (née en 1933), anthropologue, développe sa pensée sur l'organisation du rapport hiérarchique entre les sexes et son origine.

Plusieurs de ses ouvrages récents et notamment Masculin-Féminin I. La pensée de la différence, Paris, Éditions Odile Jacob, 1996 ; rééd. 2002 ont fait date dans l’explication du pourquoi de cette domination masculine que l’on observe encore tous les jours malgré les affichages d’actions en faveur de l’égalité hommes-femmes.

 Ce rapport hiérarchique entre les sexes se perpétue depuis, semble-t-il, la nuit des temps.

 Ci-dessous, un extrait d’une interview de Françoise Héritier réalisée par le journal Le Point en 2003  (cf http://1libertaire.free.fr/FHeritier05.html) fournissant une compréhension de cette hiérarchisation des rapports entre les sexes et genres humains.

Cette explication s’établit  à l’aune de nos  différences  sexuées qui donnent un avantage intangible à la femme, capable de donner la vie à des nouveaux êtres des deux sexes. L’homme soumet  la femme afin de s’approprier cette capacité de la femme dont il est nécessairement tributaire.

« LE POINT : Au début donc, le masculin et le féminin. Puis, très vite, le masculin qui domine partout, toujours. Comment la hiérarchie s'est-elle insinuée dans la différence des sexes ?

FRANÇOISE HÉRITIER : Les observations, faites aux aubes de l'humanité, sont concrètes. Le sang est chaud et signifie la vie. L'homme ne le perd qu'accidentellement ou volontairement, en tout cas de manière active. Il est considéré comme constamment chaud. La femme perd son sang régulièrement, ce qui lui donne un caractère froid et humide, et elle le perd sans pouvoir l'empêcher, ce qui lui confère un caractère passif. Or, dans la plupart des sociétés, l'actif est masculin et supérieur au passif féminin. Le fait que ces catégorisations binaires soient hiérarchisées, au-delà de la simple différence, signifie que la hiérarchie provient d'une autre raison que ces différences sexuées.  

En effet, parmi toutes les observations faites par nos ancêtres, il en est une particulièrement inexplicable, injuste, exorbitante : les femmes font leurs semblables, des filles comme elles, les hommes, non. Ils ont besoin des femmes pour faire leurs fils. Mais cette capacité de produire du différent, des corps masculins, s’est retournée contre les femmes. Elles sont devenues une ressource nécessaire à se partager. Les hommes doivent socialement se les approprier sur la longue durée pour avoir des fils. En outre, des systèmes de pensée expliquent le mystère de la procréation en plaçant le germe exclusivement dans la semence masculine. La naissance de filles est un échec du masculin, provisoire mais nécessaire. Dans cette double appropriation, en esprit et en corps, naît la hiérarchie. Elle s’inscrit déjà dans les catégories binaires qui caractérisent les deux sexes, car elles s’accompagnent nécessairement de dénigrement, de dépossession de la liberté et de confinement dans la fonction reproductive. » 

 

COMMENT PARVENIR A DEPASSER CETTE HIERARCHISATION ?

 

Ce que l’on nomme « l’affaire DSK » nous montre combien cette hiérarchisation entre les sexes est encore bien prégnante dans nos sociétés et fait en quelque sorte partie d’un inconscient collectif malgré les voix qui s’élèvent ici ou là pour faire entendre ou émettre d’autres façons de penser, d’appréhender ces différences et de construire un vivre ensemble plus égalitaire.

Cette « affaire » montre qu’un fait de la sphère privée d’un individu –que l’on peut rattacher à une approche psychologique- et également un fait social, qui touche aux droits des individus, donc un fait juridique et politique. Il rejoint en cela, l’analyse d’Edgar Morin concernant la complexité - Edgar Morin : La méthode 6 - Ethique
Seuil, 2004 - intrinsèquement liée au vivre en société. Celle-ci ne peut se comprendre hors de cette complexité : tout est imbriqué et lié en un ensemble complexe.

In http://nouvellerevuemoderne.free.fr/edgarmorin_ethique.htm#1 « Morin fait sienne l'ambition de penser le réel dans sa totalité et dans son évolution, sans renoncer à la perspective de transformer le monde[ ] . La pensée complexe intègre les notions de crise, de désordre et d'organisation, d'entropie, de hasard et d'incertitude… Cette "pensée qui relie" rend la complexité du réel moins intimidante. Elle est aussi un remarquable outil pour l'intelligence en action. Elle peut éclairer l'action collective, dans le domaine politique, mais aussi la pensée et la vie quotidienne de chacun. Si la fonction de la philosophie est de nous aider à vivre et à percer un tant soit peu le mystère du monde, celle d'Edgar Morin joue pleinement ce rôle. Loin de toute vérité révélée, et dans une approche matérialiste qui intègre et renouvelle les meilleures traditions de l'humanisme, il nous propose les éléments d'un "savoir-penser", d'un "savoir-comprendre", mais aussi d'un "savoir-vivre"… »

 

 

 Texte wordART2

 

Comprendre le monde qui nous entoure, c’est pouvoir agir –à sa mesure- pour son changement et son amélioration pour tout un chacun, en tenant compte de sa complexité.

Les commentaires, les verbiages, les mots, les interprétations qui ont suivi cette « affaire » sont peut-être,   une métaphore sociétale   –en tout cas,  j’y vois nombre de similitudes- de la courbe des étapes individuelles face au deuil établie par Elisabeth Kübler-Ross (1926, 2004) psychiatre et psycholgue américaine

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Elisabeth_K%C3%BCbler-Ross et repris dans bien d’autres domaines tels que le travail, la psychogénéalogie

 (cf http://www.psychogenealogie.name/fr/etapesdeuil.htm et Anne ANCELIN SCHUTZENBERGER ) d’où j’ai tiré le graphique et les commentaires de la courbe des étapes du deuil ci-contre :  

Courbe des étapes du deuil (inspirée des travaux  d'Elisabeth  Kübler-Ross)

Graphique amélioré par Evelyne Bissone Jeufroy

 

 

La Descente

Le deuil commence par le choc de la perte.

 La Perte : Si le moment de la perte n’est pas perçu le travail de deuil ne peut pas s’engager

Le Déni :  Cette étape est d’autant plus fortement ressentie que l’attachement est rompu de façon soudaine, inattendue (« c’est n’est pas possible, pas moi, pas maintenant »)

La Colère : 

Va du  ronchonnement accusateur à la fureur (« ce n’est pas juste », « ils n’avaient pas le droit »)

La Peur Peur pour soi ou peur pour les autres, peur ponctuelle ou angoisse globale. Le monde apparaît comme une source de dangers insurmontables. (« qu’est-ce que je vais devenir, comment vais-je faire face » Ici apparaît le problème de mobilité

 

 

  Courbe des étapes du deuil

 

La Tristesse :

 

Etape décisive et difficile

 pour affronter la réalité

car on prend conscience

 que ce qui a été fait est fait

 et qu’il n’y a plus rien à faire

 

…………Et …………

 

La Remontée  : 

On sort de l’impasse, l’espoir renaît 

L’Acceptation : « C’est dur mais c’est ainsi et je vais continuer à vivre le mieux possible. » Dans cette démarche d’acceptation, c’est la personne qui vit le deuil qui passe au premier plan et non plus l’objet du deuil

Le Pardon : Pardon à soi-même, renoncer à l’illusion de la toute puissance, ne plus se laisser envahir par la culpabilité. Ensuite vient le pardon aux auteurs de la perte

Quête du sens  : ou le  cadeau caché : « grâce au deuil j’ai pu... » Il s’agit de reconnaître et d’accepter que le deuil a permis de faire des choses non envisageables dans l’ancienne situation.

La Sérénité  : (accès au nouvel attachement) : La personne a fait la paix avec ce moment de vie sans excès d’émotion. Elle vit dans l’ici et maintenant et ce qui lui arrive aujourd’hui a plus de retentissement que le passé. Si un nouveau projet se dessine, la personne est capable d’y adhérer.

 

En QUOI ces ETAPES PEUVENT S’APPLIQUER A CE TSUNAMI RECENT DES CONSCIENCES ?

      La première étape de choc et sidération correspond en tout point à ce qui a été retransmis par les médias et même vécu personnellement par tout un chacun,

      puis la phase de DENI qui correspond à la thèse du complot ou plus récemment à celle consistant à dénigrer la victime, occultant les faits pourtant toujours présents en tant que chefs d’inculpation vis-à-vis de l’accusé.

      Les autres étapes descendantes : COLERE, PEUR-DEPRESSION voire TRISTESSE peuvent aussi être perçues et trouvées dans l’analyse des champs lexicaux utilisés par les journalistes, les amis de DSK, les citoyens et citoyennes s’exprimant sur le sujet, etc.

      Quant aux étapes de remontée « On sort de l’impasse, l’espoir renaît » : l’ACCEPTATION, le PARDON, la QUETE du SENS et la SERENITE, si elles s’inscrivent dans cette affaire, c’est pour l’instant, en filigramme.

 

Texte wordART3

 

* Ceci implique l’établissement de nouvelles relations entre hommes et femmes marquées du sceau de la compréhension, du respect, de la complémentarité entre hommes et femmes, de la possibilité pour tout un chacun de s’émanciper, de pouvoir se projeter dans un avenir où chacun et chacune a une place à part entière : un avenir à inventer et construire tous ensemble. Un projet éminemment politique (de polis : cité en grec).

 

 

 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 16:26

Actes Santé mentale et précarité 29 11 2007 RENNES

  "Le FMI nous envoie chez le psychiatre” titrait l'article publié dans un quotidien grec en juin dernier* :
"Les entrées dans un hôpital athénien ont doublé au cours de 4 derniers mois, c’est le cas notamment en psychiatrie. La raison est simple : la Grèce est en pleine crise, tout augmente. Les Grecs ont peur de l’avenir. Du coup, les médecins et les psychiatres sont débordés. Les patients veulent un médicament qui leur permette de mieux vivre ces moments difficiles."

* http://www.france-info.com/chroniques-le-bruit-du-net-2010-06-09-le-fmi-nous-envoie-chez-le-psychiatre-bp-achete-les-mots-cles-maree-452366-81-113.html 

 

Quelles sont les accointances entre les difficultés sociales et politiques (perte de travail, difficultés de logement, augmentation des prix, retraites de plus en plus tard au rabais....) auxquelles nous sommes confrontés chaque jour et la perte de raison prolongée ?

Je pense que la question mérite d'être posée

Car

se sont bien des TENSIONS,  qui peuvent devenir INSUPPORTABLES, auxquelles nous sommes continuellement soumis au sein du grand corps social qui nous entoure : la société moderne d'aujourd'hui.

 

Sociologues, psychiatres, spcécialistes en Sciences Humaines et Sociales se sont penchés sur ces questions. 

 Jean FURTOS psychiatre, fondateur en 1996 de l' OSPERE (Observatoire Régional Rhône-Alpes sur la Souffrance Psychique en Rapport avec l’Exclusion) s'est attaché à comprendre et expliciter les liens entre précarité, vie sociale et santé mentale.

Il pose les bases de ce qu'il nomme la CLINIQUE PSYCHOSOCIALE

en s'appuyant sur les travaux de sociologues intéressés par la question sociale tels que Robert CASTEL .

  

Jean FURTOS rédige en 2000 : Epistémologie de la clinique psychosociale  (la scène sociale et la place des psy)[1]. Dans ce document, il détaille son analyse où la clinique psy s'imbrique inextricablement dans la vie sociale marquée par la notion de PRECARITE. " l’évidence muette doit parfois être parlée avec force : il n’y a pas de clinique hors contexte social;  l’institution soignante évolue avec lui comme les formes cliniques, les modalités d’accès aux soins et le soin lui-même. En l’occurrence, dans notre société néolibérale et post-moderne, le contexte est celui de la précarité." 

  

Ci-contre, les extraits et schémas récapitulatifs posant les bases de la réflexion de Jean FURTOS à partir des travaux de Robert CASTEL (cf pages 4 et 5 du document Epistémologie de la clinique psychosociale) :

   

Epistémologie de la clinique psychosociale  (la scène sociale et la place des psy)[1]

 

"Le schéma sociologique de R. Castel :

Il est indispensable de sortir de l’équation : précarité = SDF. Mettre une barrière entre les précaires et les non précaires là où elle n’est pas entraîne un océan de méconnaissances, et permet en contrecoup de jouir de la fascination romantique du SDF, qui n’a d’égal que la force du rejet qui maintien à distance : « C’est lui, c’est pas moi ». En réalité, nous vivons dans une société en voie de précarisation généralisée où la perte possible ou avérée des objets sociaux obsède, et où la frontière trop visible entre les SDF et tous les autres rassure à bon compte.

C’est pourquoi, le schéma du sociologue R. Castel indiquant les trajets possibles en situation de précarité nous décentre de ces dichotomies trop rapides : »

 

Intégration par le travail

+

               

VULNERABILITE

 

 

INTEGRATION

 

 

DESAFFILIATION (EXCLUSION)

 

 

ASSISTANCE

 

-                                                        +                                                               Insertion dans le lien social

 

Le schéma sociologique revisité en termes de processus psychique :

 

« L’expérience clinique nous a conduits à revisiter ce schéma du point de vue des processus

de désillusion, de deuil, d’anticipation, c’est à dire par rapport à la temporalité. »

 

Travail

+

 

 ZONE 2 :   VULNERABILITE

      

 - Précarité exacerbée

 

 - Désillusion et deuil  problématiques

 

- Anticipation catastrophique de la perte, peur de l’effondrement) (souffrance qui empêche de vivre,  « stress », mélancolisation)

 

 

 


   ZONE 1 :   INTEGRATION

 

- Précarité « normale »

 

-Désillusion et deuil non catastrophiques

 

- L’anticipation de la perte ne ferme pas l’avenir (souffrance qui permet de vivre)

 

 

   ZONE 4 :   DESAFFILIATION     

                (EXCLUSION)

 

AUTO EXCLUSION DE SOI-MEME

_ Désubjectivation

_ Troubles des comportements

REVERSIBILITE PROBLEMATIQUE

NARCISSISME NEGATIF

SOUFFRANCE QUI EMPECHE DE SOUFFRIR

CLINIQUE « DE LA CASSE »

 

 

    ZONE 3 :    ASSISTANCE

 

- Précarité compensée par des Objets Sociaux substitutifs

- SYMPTOMES PSYCHIQUES REVERSIBLES (honte, découragement, inhibition, etc.)

- Anticipation « ouverte » (souffrance qui empêche ou permet de vivre), selon l’environnement actuel et l’histoire du sujet.

LE CONTRAT NARCISSIQUE TIENT

BONNE SANTE POSSIBLE

 

 

-                                                                             +                                                                                     Lien Social    

 « On note que la zone de la vulnérabilité (zone 2) qui a pourtant conservé les objets sociaux, et d’abord le travail, est davantage déstabilisée que la zone 3 où les objets sociaux sont perdus et en partie compensés par des mesures d’assistance ; autrement dit les processus psychiques, bien que socio-dépendants, n’en sont pas pour autant mécaniquement déterminés. Dans le même esprit, les « petits boulots » et les « nouveaux métiers » du type emploi jeune précarisent du point de vue d’une société salariale à statuts fixes, mais ne sont pas nécessairement situés en zone de vulnérabilité psychique : selon la manière dont ils se déroulent dans la situation actuelle, et selon la subjectivité, ils peuvent aussi bien se situer dans l’un des quatre cadrans, et même circuler de l’un à l’autre dans un trajet pas toujours prévisible…. »

   

Ceci nous montre la PRECARITE -toujours ce même mot- de notre possible maintien en bonne santé mais aussi la complexité, la diversité des paramètres qui influent sur notre BONNE SANTE : l'histoire de vie, le nombre de liens sociaux, l'absence ou la présence d'un travail (stable ou plus précaire (!)), les autres objets sociaux -activités culturelles, associatives...-, les liens familiaux, amicaux....  

 

RESTER en BONNE SANTE

  Est alors assurément

  Fonction d'un bon terreau SOCIAL

 

Et 

 

Donc en corollaire

 

Il semble bien que la SOCIETE peut engendrer une perte de SANTE MENTALE GRAVE,

Irréversible ? 

 


 

 
 

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 10:47

IMGP0643-géraniumCroiser une maladie dite grave au cours de la vie, ça m'est arrivé : c'était un cancer

ou

plus spécifiquement un lymphome (de type B à grandes cellules -je précise car sous un même vocable : cancer, lymphome, se niche, se cache des types de tumeur (tu meurs) (comme quoi, le langage est tout plein de sous-entendus implicites, dits sans être dits)

donc des tumeurs, disais-je de tout type, de tout accabit avec (souvent mais pas toujours) un pronostic vital engagé (comme disent les docteurs)-.

 

On dit beaucoup de choses sur cette maladie (mal a dit -sic-), sur l'expérience de vie des malades (c'est surtout ceux qui ne l'ont pas vécu d'ailleurs qui en parlent) et, moi, qui suis passée par cette expérience je trouve qu'on dit beaucoup de choses fausses.

 

Extrait-IMGP0643On peut qualifier la survenance de cette maladie grave comme un EVENEMENT (quelque chose qui nous arrive dans notre parcours de vie) comme trouver un travail, perdre un emploi, se marier, avoir un enfant, divorcer, éprouver la perte d'un être cher....ça nous affecte, ça nous touche dans notre être.

Tout événement induit, produit des sentiments, des émotions gaies ou tristes qui se traduisent par des "expressions" corporelles qui peuvent être extériorisées : pleurs, larmes, cris de joie, rires, ou intériorisées : sentiment d'angoisse, de désespoir, de peur, de plaisir, de plénitude qui s'inscrivent dans le corps (soma en grec) entrainant des changements métaboliques, des augmentations ou diminutions du taux de sécrétions hormonales, digestives... des modifications au sein du système de défense immunitaire (globules rouges, globules blancs), etc

 

Tout ça pour dire que notre être, notre vie LIE de façon inexorable corps et esprit, biologique d'une part  et sensoriel, pensées, intellect (disons tout ce qui n'est pas palpable -éthéré ?-) d'autre part . Mais 2 parts indissociables qui constitue une personne, un tout, un "être au monde" de façon indéniable, inaltérable. IMGP0643-hortensias

 

Tout comme on ne se marie pas, tout d'un coup, de but en blanc, mais après une préparation, un cheminement... la maladie se construit, prend forme au fil du temps, faisant exploser les dernières résistances du corps pour s'exprimer, se dire, se montrer.

Que nous dit-elle ? que veut nous dire cette maladie, grave ? C'est cela, à mon avis, qu'il faut comprendre (cad prendre avec soi)...qu'il faut déconstruire....pour peut-être trouver un autre équilibre...pour renaître à la vie, le même mais différent...comme cela se produit après une phase de deuil, après une séparation....dans tous les événements qui jalonnent, font partie intégrante de la vie, même.

Les médecins, les spécialistes du corps sont là pour aider le corps à se régénérer (avec toute la batterie de traitements chimiothérapeutiques et radiothérapiques) mais ils n'ont pas droit de vie ou de mort sur une personne ! 

C'est la personne malade, concernée au premier chef, qui est la seule capable, responsable, dépositaire de ce droit de vie ou de mort.

Il me semble et je l'ai expérimenté qu'il est indispensable quand on souffre d'une maladie grave de faire appel aux médecins de l'âme (les psy-quelque chose, psychologues cliniciens, psychotérapeutes essentiellement) car comme je l'ai dit plus haut, corps et esprit marchent ensemble dans un tout indissociable : l'être humain.  

C'est aussi pour ça que je récuse cette notion de se battre, de lutter, de mener un combat contre la maladie dont on souffre : si c'est ça on est vraiment maso !

parce qu'en fin de compte, c'est soi-même que l'on combat, que l'on cherche à mettre à terre, à tuer.

 

C'est, me semble-t-il une erreur fondamentale, car il faut au contraire ACCEPTER la maladie et comprendre ce qu'elle a à nous dire de nous, de notre rapport au monde, aux autres, à la vie.

 

S'il y a une clé pour moi, elle est là dans l'acceptation de soi et de ce qu'a à nous dire la "MAL A DIT"

    IMGP0643

  Aujourd'hui, c'est ma fête.                                                                                                    Bientôt mon anniversaire et aussi l'anniversaire de la première annonce de la maladie grave, il y a presque 9 ans.

 

Je suis là, encore en vie, je contemple une partie de mon jardin de par la fenêtre. Je me dis que  la nature est belle, qu'elle donne des fruits quand on en prend soin, quand on l'entretient, quand on la traite avec amour. Métaphore des  liens immuables entre l'environnement naturel et nous sans cesse à réinventer dans un mouvement perpétuel. La vie c'est l'impermanence des choses dit la philosophie chinoise. Je suis bien d'accord.

 N'avons nous pas trop tendance à l'oublier dans notre monde dominé par le cartésianisme ?

   

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 11:05

 

Le Veau d or-dc02a

Serions-nous de retour à la période -pourtant très éloignée dans le temps- de l'adoration du veau d'or ?

Notre seul Dieu, notre seul repère aujourd'hui, n'est-il pas l'argent ? Où que l'on se tourne, quoique l'on écoute, regarde, lise, il n'est question que  de ce bien matériel -périssable par définition- mais qui envahit notre quotidien, notre environnement et je pense aussi notre subconscient.

 Difficile de résister à ce monde de l'argent, du fric, des milliards, de la spéculation à tout crin, de la croissance, des chiffres faramineux du sauvetage des banques voire des pays. Toutes données, idées, concepts prémâchés, ressassés, rabâchés, insufflés jusqu'à l'overdose par les médias. 

 

Que j'aimerai pouvoir fermer mes oreilles, mes yeux, trouver un lieu de tranquilité, de sérénité, loin de ce discours ambiant, omniprésent qui m'assaille et m'agresse.

 

Où est l'humain dans tout ça ?Ecologie

 

Où trouver une place dans cette société

où l'argent ne soit pas roi et

 

où l'humain soit la valeur principale de référence de toutes nos activités ?  

 

 

Ici ou là, heureusement se font jour des initiatives qui me réconcilie avec mes semblables.

 

Par exemple, le projet des Amanins dont j'ai reproduit ci-contre, l'ARBRE A PALABRE (voir le site :   

http://www.lesamanins.com/spip.php?article2) et pour lequel

 

"Au centre du projet des Amanins, il y a l’humain. L’humain qui se nourrit du partage et des rencontres."

 

Ce projet comme certains autres a un initiateur, un co-fondateur, Pierre RABHI dont j'apprécie la philosophie, la clairvoyance, cette envie envers et contre tout de replacer l'humain au centre de notre maison : la terre.

pierrerabhi photo 

http://www.colibris-lemouvement.org/index.php/TH/Pierre-Rabhi

 

  

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 10:45
 le-cri-munch Après avoir écouté la radio ce matin et endendu le journaliste relaté un nouveau cas de suicide dans une prison française, j'ai eu envie de pousser un CRI, UN

 COUP DE GUEULE


En france, la prison tue encore et toujours malgré l'abolition de la peine de mort, voilà la triste réalité qu'énonçait ce matin un journaliste radiophonique faisant
un parallèle entre
l'histoire d'un condamné à mort aux Etats-Unis qui 20 minutes avant l'heure de son exécution a été prévenu de la suspension de celle-ci dans l'attente de nouvelles investigations prouvant ou infirmant sa culpabilité vis à vis des faits qui lui sont reprochés et
le nouveau décès d'un prisonnier en France par suicide.
Pourtant, dixit le journaliste, ce malheureux avait prévenu la veille de son intention de se donner la mort se sentant traité comme un moins que rien avec des conditions de vie déplorables.
A qui incombe la responsabilité de la mort de ses détenus ? Lorsque des travailleurs se suicident sur leurs lieux de travail, cela peu aboutir à la mise en cause, en responsabilité de leurs employeurs.

Alors ne peut-on se mobiliser, placer chacun (institutions notamment) devant leurs responsabilités pour que ces prisonniers ne soient pas ou plus
condanmés à MORT malgré l'abolition de cette peine ?
 
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